jeudi 3 avril 2008

Pendant qu'il te regarde tu es la Vierge Marie




Pendant qu'il te regarde tu es la Vierge Marie, Guðrún Eva Mínervudóttir, traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson.
Pendant qu'il te regarde tu es la Vierge Marie est un recueil de nouvelles de la jeune écrivaine islandaise Guðrún Eva Mínervudóttir. Le livre vient de sortir en français aux éditions Zulma dans la très belle traduction de Catherine Eyjólfsson.
PRESENTATION DES EDITIONS ZULMA


"Qu’il s’agisse de prendre un bain après un concert, de manger de la pâtée pour chats, d’adopter un ficus, de prendre Dieu pour amant ou d’ôter de la gorge d’un garçon la boule qui l’étrangle, le quotidien islandais de la narratrice ne manque pas de sel. Ni de piquant.Voici des nouvelles courtes, souvent écrites à la première personne ; des histoires d’amour, de haine, de fantômes, de règlements de comptes avec les autres ou avec soi-même. L’humour, la candeur douce-amère qui se dégage de l’œuvre toute entière ainsi qu’une distance prise par rapport aux personnages laissent à penser qu’on peut tirer des leçons de ce qui nous est raconté, qu’il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre.Le charme subtilement empoisonné d’une prose qui, sous des dehors de ne pas y toucher, sème une étrange confusion dans l’âme."
MON OPINION PERSONNELLE :
Vous n'avez pas trop le moral? La réalité quotidienne vous semble manquer de relief ? Vous êtes follement amoureux? Vous haïssez votre voisin ou au contraire l'aimez secrètement? Vous êtes persuadé que la voisine du dessus est folle ou qu'elle s'entretient avec les fantômes? Vous êtes un jeune homme, un vieille femme, un adolescent qui se cherche, un homme d'âge mûr qui s'est trouvé, mais regrette de ne s'être pas perdu? Vous vous posez des questions existentielles? Vous ne vous en posez pas? Peu importe...
QUI QUE VOUS SOYEZ, ce livre est pour VOUS. Ce n'est pas qu'il va totalement chambouler votre vision du monde, ce n'est pas qu'il va vous entraîner dans des aventures palpitantes et pleines de rebondissements, ce n'est pas tellement non plus qu'il va vous plonger dans des mondes parallèles ou vous emmener sur des planètes étrangères.
Pendant qu'il te regarde tu es la Vierge Marie vous amènera à envisager le quotidien sous un autre jour. Entre douceur amère, drôlerie et humour parfois décalé, simplicité du style et beauté de la langue (magnifiquement rendue par la traduction de Catherine Eyjólfsson), Gudrun Eva nous promène dans un réel où bien des situation anodines dérapent, quelque part entre la banalité quotidienne et l'imaginaire, le rêve, la cocasserie.
Il suffit de lire les titre des nouvelles pour s'apercevoir que tout n'est pas tout à fait "normal" dans les histoires que Guðrún Eva nous raconte. L'auteur se joue de la logique comme des liens de causalité. Prenez ce : "Maintenant, je vais te donner un bain parce que tu es mon amie"... Ah bon, vous donnez souvent des bains à vos amis, vous? Pas moi! Eh bien, justement c'est peut-être un tort car à la lecture du texte, on aurait bien envie de se mettre au plus vite à cette pratique!
Et cette pure merveille qu'est le titre de l'ensemble du recueil : "Pendant qu'il te regarde tu es la Vierge Marie" et qui sous-entend que pendant qu' "il ne la regarde pas, elle serait quelqu'un d'autre"?? Je précise que le contenu des nouvelles est évidemment à la hauteur des titres. Certaines sont joyeuses comme un jour d'été, d'autres presque inquiétantes, mais toutes communiquent une irrésistible joie, un irrésistible désir de vivre.
Je m'arrête là car je vous recommande tout simplement de courir acheter le livre dans la première librairie. Eteignez votre ordinateur, sortez de chez vous, trouvez le livre et LISEZ... Bonne lecture!

1 commentaire:

Severine a dit…

C'est magnifique, je suis en train de le lire. J'ai fini il y a 10 minutes 'Mon amour! je ne trouve pas la sortie' et je suis sous le charme de cette histoire trop poétique. J'aime énormément la littérature islandaise et je suis heureuse que les traductions et publications en France se fassent plus nombreuses. "Les Chevaliers de l'escalier rond" sont extraordinaires, "le Moindre des mondes", de Sjon, est une merveille. Je me sens honteuse de priver tous ces noms de leur graphie exacte!