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mercredi 7 novembre 2012

Actualité littéraire nantaise tournée vers le Nord ce week-end.


Jón Kalman Stefánsson et Stefán Máni sont invités au festival Impressions d'Europe à Nantes ce week-end.  J'y serai dès vendredi après-midi. 

Ici, LE PROGRAMME où vous trouverez les horaires et le menu des réjouissances. D'autres auteurs nordiques sont invités... Il n'y a pas que les Islandais...

lundi 2 avril 2012

Une critique de Noir Karma de Stefán Mani par Jean-Marc Laherrère

Stefán Máni par Jean-Marc Laherrère : Le bad boy du polar islandais

"Ceux qui croyaient connaître le polar scandinave en général, et le polar islandais en particulier à partir d’Indridason et Thorarinson (excellents au demeurant) avaient pris une grosse douche froide en découvrant Noir océan de Stefán Máni. Une douche froide et salée … Ceux d’entre vous qui sont prêts à prendre la deuxième couche peuvent se plonger dans Noir karma, le second roman traduit de cet islandais pour le moins étonnant. 
 
 
Mani
Stefán a débarqué à Reykjavík depuis sa province avec son appareil photo et l’ambition de devenir photographe de groupes de rock. Il se retrouve barman au Blúsbar, un rade pas vraiment flamboyant. Heureusement pour ses finances le videur de ce bouge trafique et le met rapidement au parfum. Tout va pour le mieux, jusqu’à ce que ses employeurs commencent à avoir des ambitions, et décident de provoquer le caïd de la ville. C’est alors l’enfer se déchaine. 

Ceux qui ont donc découvert Stefán Máni avec Noir océan se doutent que ce n’est pas à une bluette qu’il nous invite ici.  

Au son d’une BO fracassante (AC/DC y fait figure de groupe de balades sentimentales), pied au plancher, le lecteur plonge avec le narrateur, un brin naïf, dans un tourbillon de drogue, de violence et de mort. Os et têtes fracassés, tabassages en tous genre, mutilations … ça saigne, ça cogne, ça hurle, sa baise à tout va pendant presque 600 pages.

On pourrait se lasser. Il n’en est rien. L’énergie phénoménale de l’écriture, les truands tellement bêtes et tellement méchants, et l’humour grinçant dû au regard décalé d’un narrateur plutôt crétin mais pas aussi gentil qu’on peut le croire au début, font qu’on ne voit pas le temps passer et qu’on en redemanderait bien une louche.

Comme dans son précédent roman, Stefán Máni jongle en virtuose avec les temps du récit, campe des affreux particulièrement réussis et nous plonge dans un maelstrom de violence et de bêtise. Il ajoute ici l’humour, retire le soupçon de fantastique qui en avait peut-être gêné quelques-uns dans le premier roman, mais garde son talent pour les fins bien abominables …

En bref, ça secoue et c’est bon." Jean-Marc Laherrère

Stefán Máni / Noir karma (Svartur á leik, 2004), Série Noire (2012), traduit de l’islandais par Eric Boury.

mardi 13 mars 2012

Noir Karma de Stefán Máni

Le 8 mars est paru chez Gallimard, dans la Série Noire, le nouveau livre de Stefán Máni, intitulé Noir Karma (Svartur á leik). L'oeuvre porte bien son nom, le lecteur se voit plongé dans un univers noir à souhait où pouvoir, sexe, drogue et rock'n roll mènent la danse. Sombre, très sombre, parfois drôle, mais finalement tragique.


Voici ce qu'en dit la quatrième de couverture : "Bienvenue dans les bas-fonds de Reykjavík, là où le soleil ne brille jamais ! Suivez les aventures malheureuses de Stefán ! À peine débarqué de sa cambrousse, notre jeune bouseux commence péniblement à gagner sa vie dans un club mal famé de la capitale islandaise. Heureusement pour lui, les malfrats qui gèrent les lieux découvrent ses talents de conducteur et l'enrôlent dans leur bande. Au programme : vols de voitures de luxe, extorsions de fonds, prostitution, deal de substances illicites. Tout y passe...
Pour Stefán, c'est la grande vie qui commence. Du moins le croit-il... Mais quand ses boss décident de partir en guerre contre une bande adverse, c'est une violence sans retenue qui s'abat sur Reykjavík. Tandis que les morts se ramassent à la pelle et que tous sont à la recherche d'un kilo de cocaïne mystérieusement disparu, notre héros commence à regretter ses décisions et à se dire que tout va beaucoup trop vite. Hélas, Stefán est pris jusqu'au cou dans ce fatal engrenage, et il est des choix qu'il faut assumer, jusqu'au bout s'il le faut..."



Je tiens également à signaler la parution en Folio Policier de son précédent livre, Noir Océan (Skipið), qui a reçu un accueil critique très positif.


Voici la présentation de la quatrième de couverture : "De lourds nuages noirs s'amoncellent dans le ciel zébré d'éclairs au moment où le Per se quitte le port de Grundartangi en Islande en direction du Surinam. À son bord, neuf membres d'équipage qui, tous, semblent avoir emporté dans leurs bagages des secrets peu reluisants.
Ceux qui ont entendu dire que la compagnie de fret allait les licencier et qu'il s'agit là de leur dernier voyage sont bien décidés à prendre les choses en main, une fois que la météo sera plus favorable. La mutinerie n'est pas loin et, très vite, l'atmosphère se charge de suspicion, de menaces et d'hostilité.
Quand les communications sont coupées par l'un des membres de l'équipage – mais lequel ? –, la folie prend peu à peu le contrôle du bateau qui n'en finit pas de dériver vers des mers toujours plus froides et inhospitalières..."

mercredi 8 décembre 2010

Noir Océan de Stefán Máni



Noir Océan (Skipið) de Stefán Máni, publié dans la Série Noire chez Gallimard a été sélectionné parmi les 20 meilleurs romans de l'année par le magazine LIRE.

Noir Océan, par Stefán Mani.
La page ci-dessus comporte également des liens vers deux critiques :

Sur l'Atlantique avec Stefán Máni.

Noir Océan, par Stefán Máni

vendredi 29 janvier 2010

Stefán Máni, NOIR OCÉAN





Stefán Máni, Noir Océan (Skipið)

Le quatre février prochain paraîtra dans la Série Noire chez Gallimard le premier livre traduit en français d'un auteur islandais né en 1970 à Reykjavik.

"Noir Océan" de Stefán Máni est une incursion vertigineuse dans un univers noir et brutal... L'intrigue se déroule presque entièrement sur un cargo, le Per Se dont le lecteur se demande de plus en plus au fil des pages s'il ne navigue pas simplement pour lui-même, comme l'indique son nom, animé qu'il serait d'une vie propre.
Les hommes qui se trouvent à son bord ne sont pas des enfants de choeur et, sachant qu'au fond de l'océan, qu'il soit déchaîné ou calme : "Ce qui sommeille pour l'éternité n'est pas mort", il n'y a pas de quoi être rassuré. Surtout quand on lit, dès le début du texte que "le mal est éternel et toutes les bonnes choses ont une fin".

Voici un extrait qui a retenu mon attention, son caractère autotélique (la représentation qu'il offre de l'oeuvre à l'intérieur de l'oeuvre) m'a séduit et il donne un bon aperçu de ce à quoi s'attendre :

"Voyager inconscient est une expérience très étrange. On oscille d’avant en arrière comme sur une balançoire, les mouvements sont simplement plus lents ; on ressent également de désagréables secousses latérales avec, toujours, cette drôle d’impression que le chemin qui mène vers le bas est plus long, plus creusé que celui qui conduit vers le haut, comme si le corps impuissant tombait depuis un point situé à une limite extrême et qu’on montrait la scène au ralenti sur un écran de télévision, encore et encore, inlassablement. Il y a là-dedans quelque chose qui apaise, qui, pour ainsi dire, hypnotise, mais il s’agit surtout d’une infinie sensation d’engourdissement qui semble davantage irréelle au fur et à mesure qu’on tournoie plus longuement au sein de ce vide moite à l’odeur de sang tiède, ce vide aussi vaste ou aussi réduit que l’esprit, aussi profond que l’écho nonchalant du tambour provoqué par ce coup reçu sur la tête :

Boum, boum, boum…

Les entrailles de la voiture sont noires. Vêtu d’un uniforme de marin blanc et bleu clair, Jón Karl est attaché à la civière. Le médecin qui veille sur lui est un homme-pieuvre avec un masque d’Albert Einstein sur le visage.
Si je vous dis : cela commence plutôt bien, ensuite, ça avance tranquillement, puis ça décolle nettement vers le milieu, mais personne ne comprend le dénouement. De quoi est-ce que je vous parle ?
Est-ce que c’est un film ?
Oui, mais je ne vous parle pas d’un film.
Serait-ce un livre ?
Oui, mais ce n’est pas d’un livre que je vous parle.
S’agit-il de cette traversée en mer ?
Oui, mais ce dont je vous parle est d’une ampleur et d’une importance qui dépasse celle de ce voyage.
L’ambulance roule sur une route cahoteuse, les chocs résonnent à l’intérieur de l’habitacle métallique aussi vaste que la cale d’un bateau :

Boum, boum, boum…"

J'avoue que cette traduction a relevé pour moi autant du plaisir que de l'épreuve : les termes de marine, de mécanique, d'économie, la hiérarchie à bord, les descriptions de salles des machines m'ont parfois donné bien du fil à retordre.

Martine Laval, critique littéraire à Télérama, en parle en termes élogieux sur ses LECTURES BUISSONNIERES.

http://www.telerama.fr/livre/la-nuit-je-lis-noir-ocean,51777.php